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Carnet de santé

Labrador chocolat : la durée de vie selon l'étude VetCompass

Un labrador chocolat vit 10,7 ans en médiane contre 12,1 pour les autres robes, selon l'étude VetCompass sur 33 320 chiens suivis au Royaume-Uni.

Dix virgule sept ans : le chiffre de l'étude VetCompass

Dix virgule sept ans : c'est la durée de vie médiane des labradors chocolat dans une grande étude britannique, contre 12,1 ans pour les labradors des autres robes. L'écart est d'environ 1,4 an, et les auteurs le jugent statistiquement significatif. L'étude a été publiée en 2018 dans la revue Canine Genetics and Epidemiology. Elle s'appuie sur les dossiers de cabinets vétérinaires britanniques réunis par le programme VetCompass du Royal Veterinary College. Jaika est une chocolat, et ce chiffre me concerne donc plus qu'un autre. Je préfère le lire jusqu'au bout avant d'en tirer quoi que ce soit.

Le corpus est large. L'étude porte sur 33 320 labradors pour la démographie et la mortalité, et sur un échantillon plus restreint de 2 074 chiens pour l'analyse des troubles de santé. Sur l'ensemble de la race, la durée de vie médiane atteint 12,0 ans, et l'intervalle interquartile court de 9,9 à 13,8 ans : la moitié des chiens de l'échantillon a vécu entre ces deux âges, le plus âgé ayant atteint 16 ans. Une médiane n'est pas une échéance. Ces chiens ne sortent pas d'élevages choisis ni de concours : ce sont des animaux vus en consultation courante, avec leurs défauts. C'est précisément ce qui donne à l'échantillon sa valeur, et ce qui limite aussi ce qu'on peut en dire sur un chien d'élevage soigné, suivi de près et pesé régulièrement.

Otites, surpoids, articulations : le détail des troubles

Les oreilles

Dans l'échantillon des troubles, trois problèmes dominent : l'otite externe, le surpoids et la maladie articulaire dégénérative. L'otite externe touche 10,4 % des labradors de l'échantillon, mais pas à égalité selon la robe. Elle atteint 23,4 % des chocolat, contre 12,8 % des noirs et 17,0 % des jaunes. L'écart est net, et il place la robe de Jaika en tête. Les sources que j'ai lues ne disent pas pourquoi : prédisposition liée à la peau, au conduit ou à la sélection de certaines lignées, aucune de ces hypothèses ne m'est confirmée par un vétérinaire. Je note donc l'écart sans lui chercher d'explication.

Poids et articulations

Le surpoids ou l'obésité concerne 8,8 % des labradors de l'échantillon, et la maladie articulaire dégénérative 5,5 %. L'étude ne ventile pas ces deux chiffres par robe dans ce que j'ai lu. Pour le poids, un autre travail, mené à Cambridge, associe la robe chocolat à un risque de surpoids plus élevé : j'en ai parlé dans l'article sur la courbe de croissance et le poids adulte du labrador. Deux études, deux angles, un même sens. Pour une chocolat, la gamelle compte donc doublement, et je trouve utile de le savoir avant de peser les croquettes plutôt qu'après. Cela dit, la maladie articulaire à 5,5 % reste le trouble le moins fréquent des trois, ce qui relativise l'inquiétude que ces pourcentages peuvent faire naître d'un coup, lus à la suite.

Peut-on en tirer une règle pour son propre chien ?

Non, et l'étude le dit assez par sa nature. Un travail d'observation à partir de dossiers vétérinaires établit des écarts entre groupes, il ne démontre pas que la couleur de la robe soit la cause de quoi que ce soit. Une médiane de 10,7 ans décrit un groupe, pas un chien, et la moitié des chocolat de l'étude a vécu plus longtemps que ce chiffre. La différence de 1,4 an compte pour un groupe de plusieurs centaines ou milliers de chiens, elle ne se transpose pas à une chienne précise dont on connaît le poids, la lignée et les visites. Aucun vétérinaire ne m'a donné de pronostic pour Jaika, et ce n'est pas l'objet de cet article d'en fabriquer un. Les points que je retiens, sans en faire une consigne pour personne :

  • l'écart de durée de vie est une association statistique, pas une sentence individuelle
  • l'otite est le trouble où la robe chocolat ressort le plus nettement dans l'échantillon
  • les données sont britanniques et issues de consultations courantes, pas de chiens d'élevage suivis de près

Ce que je ne sais pas : si l'écart tient à la génétique de la robe elle-même ou à des lignées de sélection où la couleur chocolat a été recherchée avant la santé. Les sources lues ne tranchent pas, et l'élevage de Jaika, Vallée de la Brière, n'a pas été interrogé sur ce point. La question mérite d'être posée à l'éleveur comme au vétérinaire. En attendant, elle reste ouverte, et je préfère l'écrire telle quelle plutôt que de lui donner une réponse qui ne vient d'aucune source.

Sources : Labrador retrievers under primary veterinary care in the UK : demography, mortality and disorders, Canine Genetics and Epidemiology, 2018